L'Immense ouverture spirituelle de Sidi Abdul 'Aziz Al-Dabbagh Al Maghribi.

L'Immense ouverture spirituelle de Sidi Abdul 'Aziz Al-Dabbagh Al Maghribi.

Voici le récit de l'ouverture spirituelle de l'un des plus grands pôles de la communauté de prophète (Paix et Saluations sur lui) rapporté par son disciple Ibn Mubarak al Lamti dans l'ouvrage Paroles d'Or (Kitab-al-Ibriz).

« Trois jours après la mort de Sídi 'Umar, je connus grâce à Dieu l'illumination. Et Il nous fit connaître la vérité de notre âme, à Lui la grâce et la reconnaissance. Cela se produisit le jeudi huit du mois de Rajab de l'an 1125.
J'étais sorti de notre maison et Dieu m'octroya, par le biais de quelques bienfaiteurs parmi ses serviteurs, quatre petites pièces de monnaie. J'achetai du poisson et l'emportai dans notre maison. La femme me dit: "Va à Sidi 'All ibn Hirzihim et apporte-nous de l'huile pour frire ce poisson." Je partis; arrivé à Bâb al-Futuh, je ressentis un frémissement et un intense tremblement envahir mon corps.
Alors ma chair se mit à fourmiller énormément, je marchai tout en étant dans cet état qui allait en s'intensifiant jusqu'à ce que je sois arrivé au tombeau de Sidi Yahyâ ibn 'Allal qui se trouve sur le chemin de Sidi 'Ali ibn Hirzihim. Mon état s'aggrava, ma poitrine se mit à trembler violemment, au point que ma clavicule frappait ma barbe. Je me dis : "Cela est la mort même sans aucun doute." Alors quelque chose se dégagea de mon corps qui ressemblait à la vapeur qui sort du couscoussier. Mon corps se mit à grandir jusqu'à devenir plus grand que tout grand. Les choses se mirent à se dévoiler pour moi et à apparaître comme si elles se trouvaient entre mes mains. Je vis alors tous les villages, toutes les villes et les bourgades, et je vis tout ce qu'il y a sur cette terre, et je vis la chrétienne en train d'allaiter son petit dans son giron", et je vis tous les océans, et les sept terres et tout ce qu'elles contiennent comme bêtes de somme et créatures, et je vis le ciel comme si je me trouvais au-dessus en train de regarder ce qui s'y trouve. Alors une lumière intense, semblable à l'éclair éblouissant qui vient de tous côtés, vint au-dessus de moi, au-dessous, à ma droite et à ma gauche, en face de moi et derrière moi, et j'en ressentis un froid intense au point que je me crus mort. Je me hâtai de me coucher sur mon visage pour éviter de voir cette lumière, mais quand je m'allongeai, je m'aperçus que tout mon corps n'était qu'yeux, l'œil voyant, la tête voyant, le pied voyant, et tous mes membres voyant, et je regardai mes vêtements et je trouvai qu'ils ne voilaient pas cette capacité de voir qui avait circulé dans mon corps, et je compris que le fait de me coucher sur mon visage et de rester debout ne changeait rien à la situation. L'état dura une heure et s'arrêta, et je me retrouvai dans mon état normal. Je retournai en ville sans pouvoir arriver à Sidi 'Ali ibn Hirzihim, je craignis pour moi-même et me mis à pleurer.
Cet état revint une heure et me quitta, il se mit à venir pendant une heure et à s'arrêter pendant une autre heure jusqu'à ce que mon corps s'en accommodât. Il se mit alors à disparaître une heure durant le jour et une heure durant la nuit, et puis vint à ne plus disparaître. Dieu Très Haut fut Miséricordieux avec moi en me faisant rencontrer quelques connaissants parmi ses saints. Cela se produisit le jour qui a suivi la nuit après le jour de l'illumination. J'allai en visite pieuse au sanctuaire de Mawlây Idris, et je rencontrai au quartier des notaires le docteur de la loi Sidi al-hâj Ahmad al-Jurundi qui est le guide de la prière au sanctuaire de Mawlây Idris. Je lui fis part de ce que j'avais vu et de ce qui m'était arrivé. Il me dit: "Viens avec moi dans notre maison". J'allai avec lui à la maison, proche de l'arrosoir, à proximité du quartier des laveurs qui se trouve dans le quartier des marchands de cuivre. Il entra et j'entrai avec lui, il s'assit sur l'estrade qui se trouve à l'intérieur, et je m'assis avec lui. Il dit :"Raconte-moi ce que tu as vu." Je lui en fis part, et je le vis en train de pleurer. Il dit: "Il n'y a de dieu que Dieu, cela fait quatre cents ans que nous n'avons entendu quelqu'un mentionner de telles choses.